Le nougat de Montélimar n'est pas une friandise parmi d'autres. C'est une spécialité géographiquement ancrée, protégée depuis novembre 2024 par une Indication Géographique Protégée (IGP) européenne : une reconnaissance qui a mis huit ans à voir le jour. Pour comprendre pourquoi cette confiserie blanche et dorée est indissociable de la ville, il faut remonter un peu dans le temps.
Chronologie du nougat de Montélimar
La tradition orale attribue l'introduction du nougat à Adhémar le Rouge, revenu de la première croisade avec la recette. Belle histoire, difficile à vérifier.
La région développe la culture de l'amandier à grande échelle. Les amandes remplacent les noix dans les confiseries locales.
Les archives de la ville mentionnent pour la première fois une préparation à base de miel et d'amandes : acte de naissance documenté du nougat montilien.
La fabrication du nougat devient un métier à part entière, distinct du pâtissier traditionnel.
L'une des plus anciennes fabriques encore en activité aujourd'hui, sur l'ancienne Route Nationale 7.
Marque emblématique qui deviendra l'une des plus connues en dehors de la région.
Des générations d'automobilistes en vacances s'arrêtent à Montélimar. Le nougat devient le souvenir incontournable de la "Route du Soleil".
Les professionnels du secteur entament huit années de travail pour obtenir la protection européenne.
L'enregistrement au Journal officiel de l'UE est officiel. Seuls les producteurs de la zone délimitée (Montélimar + 13 communes) peuvent utiliser le nom "Nougat de Montélimar IGP".
Histoire du nougat de Montélimar
La tradition orale attribue l'introduction du nougat à Adhémar le Rouge, seigneur de Montélimar, qui l'aurait ramené de la première croisade au XIe siècle. L'histoire, belle, est probablement embellie. Ce qui est certain, c'est que la région a commencé à cultiver massivement les amandiers à partir du XVIe siècle : les amandes remplaçant progressivement les noix dans les recettes de confiseries locales.
La première mention écrite du nougat montilien remonte à 1701 : les archives de la ville font référence à une préparation à base de miel et d'amandes. Au XVIIIe siècle, le métier de "nougatier" s'installe dans le tissu économique de Montélimar, distinct du pâtissier traditionnel. La N7 : la "Route du Soleil" : fera le reste : des générations d'automobilistes en vacances s'arrêtent à Montélimar pour repartir avec leurs boîtes de nougat.
L'IGP du nougat de Montélimar : ce que ça change
Le 26 novembre 2024, l'enregistrement de l'IGP "Nougat de Montélimar" au Journal officiel de l'Union européenne est devenu officiel. Après huit ans de démarches portées par les professionnels du secteur, la protection juridique est réelle : désormais, seul un nougat produit dans la zone délimitée et respectant le cahier des charges peut s'appeler "Nougat de Montélimar IGP".
La zone de production couvre Montélimar et 13 communes environnantes dans le sud de la Drôme. Hors de cette zone, aucun fabricant ne peut légalement apposer ce nom sur son emballage.
Comment reconnaître un vrai nougat de Montélimar IGP ?
Cherchez le logo IGP (étoiles dorées sur fond bleu) sur l'emballage. Sans ce logo, rien ne garantit que le produit respecte le cahier des charges, même si la boîte affiche « Montélimar » en gros. C'est précisément l'objet de l'appellation : avant elle, n'importe qui pouvait écrire ce nom sur une boîte.
Les 14 communes, et pas une de plus
C'est le filtre que l'IGP a posé, et il est radical. Le cahier des charges définit une aire géographique de 14 communes, et un nougat produit ailleurs, même à trois kilomètres de la limite, n'a pas le droit au nom.
Les 14 communes de l'aire IGP
Allan, Ancône, La Bâtie-Rolland, Châteauneuf-du-Rhône, La Coucourde, Espeluche, Malataverne, Montboucher-sur-Jabron, Montélimar, Puygiron, Rochefort-en-Valdaine, Saint-Marcel-lès-Sauzet, Sauzet et Savasse.
Liste reprise du cahier des charges de l'IGP « Nougat de Montélimar », publié par l'INAO.
Cela a une conséquence concrète, et un peu cruelle : plusieurs maisons de nougat réputées de la région, installées dans le Vaucluse ou ailleurs en Drôme, ne peuvent pas appeler leur production « nougat de Montélimar ». Leur nougat peut être excellent. Il n'est simplement pas d'ici.
Les ingrédients officiels du cahier des charges
Le cahier des charges IGP est précis. Pour mériter l'appellation :
- Minimum 25 % de miel de qualité dans les matières sucrantes (idéalement miel de lavande du sud de la France)
- Minimum 30 % d'amandes douces entières émondées dans la garniture
- Blanc d'œuf pour la texture aérée caractéristique
- Sucre, sucre glace, sirop de glucose
- Aucun additif autorisé
Les pistaches vertes émondées peuvent compléter les amandes, mais ne peuvent les remplacer. La texture finale doit être tendre et fondante : pas dure ou collante.
Les principaux fabricants artisanaux
Arnaud Soubeyran : depuis 1837
L'une des plus anciennes fabriques de nougat encore en activité. Implantée en entrée sud de Montélimar, sur l'avenue Gournier (ancienne N7), la maison Soubeyran propose la visite de sa fabrique jusqu'à 13h, une boutique et un restaurant sur place. Un incontournable pour comprendre la fabrication artisanale du nougat.
Adresse : 22 avenue Gournier, 26200 Montélimar
Horaires boutique : Lun. à Sam. 9h à 19h / Jours fériés 10h à 18h
Chabert & Guillot : depuis 1848
Marque emblématique de Montélimar, Chabert & Guillot est l'une des plus connues en dehors de la région. La production principale est implantée dans la ZAC des Portes de Provence, avec plusieurs boutiques en centre-ville.
Boutique Place du Marché : 16 Place du Marché, 26200 Montélimar : 04 75 01 02 94
Boutique Jaurès : 140 avenue Jean Jaurès, 26200 Montélimar
Horaires : Lun. à Sam. 9h à 12h30 / 14h à 19h
Les autres maisons de nougat de Montélimar
Soubeyran et Chabert & Guillot sont les deux grands noms, mais ils sont loin d'être seuls. Voici les autres confiseurs et fabricants de nougat réellement déclarés à Montélimar, que nous avons relevés un par un dans l'annuaire officiel des entreprises.
- Escobar, qui exploite plusieurs boutiques dans la ville, dont une rue Pierre Julien.
- Nougat Diane de Poytiers, avenue Jean Jaurès.
- La Meule de Nougat, route de Valence.
- Nougat Le Gavial, au Pôle Provençal.
- Le Chaudron d'Or, en centre-ville.
- Les Trois Abeilles et Au Rucher de Provence, deux maisons dont le nom dit assez ce qui fait la matière première du nougat : le miel.
- La Confiserie Le Maître Gourmet, route de Valence, à l'adresse même du Palais des Bonbons, dont la fabrique se visite.
Deux précisions honnêtes
D'abord, être fabricant de confiserie à Montélimar ne signifie pas produire du « Nougat de Montélimar IGP » : l'appellation impose un cahier des charges et un contrôle. Nous listons ici les maisons déclarées, pas une liste d'opérateurs certifiés, que nous n'avons pas les moyens d'établir.
Ensuite, une correction. Cette page présentait jusqu'ici « Silvain » comme un fabricant montilien. C'est faux : aucune maison de nougat de ce nom n'est déclarée à Montélimar. La maison Silvain est établie dans le Vaucluse, ce qui la place hors de l'aire de l'IGP. Nous l'avons retirée.
Où acheter du nougat à Montélimar ?
Les boutiques des fabricants sont les meilleures options pour acheter un vrai nougat. Parmi les autres adresses à connaître :
- Le Palais des Bonbons (100 route de Valence) : fabrique visible sur place, boutique intégrée. Voir notre page Palais des Bonbons.
- Les boutiques de souvenirs du centre-ville : attention à vérifier la présence du logo IGP
- Les marchés du mardi et du samedi : certains producteurs locaux y sont présents
Pour aller plus loin
Si vous souhaitez approfondir l'histoire, la production et les acteurs du nougat montilien, un site d'information dédié à ce sujet est nougat-montelimar-info.fr, qui rassemble de la documentation sur cette spécialité et son IGP.
À visiter lors de votre séjour : le guide complet pour visiter Montélimar et les activités à faire sur place.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui fait un vrai nougat de Montélimar ?
Trois conditions, fixées par le cahier des charges de l'IGP : au minimum 30 % d'amandes douces entières, au minimum 25 % de miel parmi les matières sucrantes, et une fabrication dans l'aire des 14 communes autorisées. Un nougat qui ne respecte pas ces trois points n'a pas le droit au nom, même s'il est vendu à Montélimar.
Depuis quand le nougat de Montélimar est-il protégé ?
Depuis le 26 novembre 2024, date de publication du règlement européen au Journal officiel de l'Union européenne. Avant cela, le nom n'était pas protégé : n'importe quel fabricant, où qu'il soit, pouvait écrire « nougat de Montélimar » sur sa boîte.
Toutes les maisons de nougat de la région ont-elles droit à l'IGP ?
Non. L'aire de l'appellation se limite à 14 communes autour de Montélimar. Des maisons réputées, installées dans le Vaucluse ou ailleurs en Drôme, sont donc hors zone : leur nougat peut être excellent, il ne peut pas porter le nom de Montélimar.
Où voir fabriquer le nougat à Montélimar ?
Chez Arnaud Soubeyran, en entrée sud de la ville, dont la fabrique se visite, et au Palais des Bonbons, route de Valence, où la fabrication est visible en direct depuis le parcours de visite.