Depuis novembre 2024, le nougat de Montélimar porte une indication géographique protégée européenne, obtenue après huit ans de démarches. Le nom appartient désormais à la ville et aux treize communes voisines, et plus à qui veut l'imprimer sur une boîte. Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut remonter un peu.

4 000-4 500
tonnes / an
production annuelle à Montélimar
12
producteurs
actifs dans la zone IGP
1701
première mention écrite dans les archives de la ville
2024
IGP européenne officielle obtenue après 8 ans de démarches
Barres de nougat de Montélimar aux amandes entières, coupées en tranches
Les amandes se voient à la coupe. Le cahier des charges de l'IGP en impose au moins 30 %, entières, ce qui est le repère le plus simple devant un étal.

Chronologie du nougat de Montélimar

XIe s.
La légende d'Adhémar le Rouge

La tradition orale attribue l'introduction du nougat à Adhémar le Rouge, revenu de la première croisade avec la recette. Belle histoire, difficile à vérifier.

XVIe s.
Culture massive des amandiers

La région développe la culture de l'amandier à grande échelle. Les amandes remplacent les noix dans les confiseries locales.

1701
Première mention écrite officielle

Les archives de la ville mentionnent pour la première fois une préparation au miel et aux amandes. C'est le plus vieux document connu sur le nougat montilien.

XVIIIe s.
Le nougatier devient un métier

La fabrication du nougat devient un métier à part entière, distinct du pâtissier traditionnel.

1837
Fondation de la maison Arnaud Soubeyran

L'une des plus anciennes fabriques encore en activité aujourd'hui, sur l'ancienne Route Nationale 7.

1848
Fondation de Chabert & Guillot

Marque emblématique qui deviendra l'une des plus connues en dehors de la région.

Années 50 à 60
La N7 fait la renommée mondiale

Des générations d'automobilistes en vacances s'arrêtent à Montélimar. Le nougat devient le souvenir qu'on rapporte de la Route du Soleil.

2016
Début des démarches IGP

Les professionnels du secteur entament huit années de travail pour obtenir la protection européenne.

26 nov. 2024
IGP européenne officielle

L'enregistrement au Journal officiel de l'UE est officiel. Seuls les producteurs de la zone délimitée (Montélimar + 13 communes) peuvent utiliser le nom « Nougat de Montélimar IGP ».

Ce que l'IGP a changé pour le nougat

Le 26 novembre 2024, l'enregistrement de l'IGP « Nougat de Montélimar » au Journal officiel de l'Union européenne est devenu officiel. Après huit ans de démarches portées par les professionnels, la protection est bien réelle. Seul un nougat fabriqué dans la zone délimitée et conforme au cahier des charges peut désormais s'appeler « Nougat de Montélimar IGP ».

La zone de production couvre Montélimar et 13 communes environnantes dans le sud de la Drôme. Hors de cette zone, aucun fabricant ne peut légalement apposer ce nom sur son emballage.

Comment reconnaître un vrai nougat de Montélimar IGP ?

Cherchez le logo IGP (étoiles dorées sur fond bleu) sur l'emballage. Sans ce logo, rien ne garantit que le produit respecte le cahier des charges, même si la boîte affiche « Montélimar » en gros. C'est exactement à cela que sert l'appellation, puisque avant elle n'importe qui pouvait écrire ce nom sur une boîte.

L'aire de l'IGP se limite à 14 communes

C'est le filtre que l'IGP a posé, et il est radical. Le cahier des charges définit une aire géographique de 14 communes, et un nougat produit ailleurs, même à trois kilomètres de la limite, n'a pas le droit au nom.

Les 14 communes de l'aire IGP

Allan, Ancône, La Bâtie-Rolland, Châteauneuf-du-Rhône, La Coucourde, Espeluche, Malataverne, Montboucher-sur-Jabron, Montélimar, Puygiron, Rochefort-en-Valdaine, Saint-Marcel-lès-Sauzet, Sauzet et Savasse.

Liste reprise du cahier des charges de l'IGP « Nougat de Montélimar », publié par l'INAO.

La conséquence est concrète, et un peu cruelle. Plusieurs maisons réputées de la région, installées dans le Vaucluse ou ailleurs en Drôme, ne peuvent plus appeler leur production « nougat de Montélimar ». Leur nougat peut être excellent. Il n'est simplement pas d'ici.

Les ingrédients officiels du cahier des charges

Le cahier des charges IGP est précis. Pour mériter l'appellation :

Les pistaches vertes émondées peuvent compléter les amandes, mais ne peuvent les remplacer. La texture doit rester tendre et fondante, ni dure ni collante.

Les principaux fabricants artisanaux

Arnaud Soubeyran, ouverte en 1837

Fondée en 1837, c'est l'une des plus vieilles fabriques encore en activité. Elle se trouve à l'entrée sud de la ville, avenue Gournier, sur l'ancienne N7. On peut visiter l'atelier le matin, jusqu'à 13 h, et il y a une boutique et un restaurant sur place. C'est l'adresse à choisir si vous voulez voir comment le nougat se fabrique vraiment.

Adresse : 22 avenue Gournier, 26200 Montélimar
Horaires boutique : Lun. à Sam. 9h à 19h / Jours fériés 10h à 18h

Chabert & Guillot, ouverte en 1848

Marque emblématique de Montélimar, Chabert & Guillot est l'une des plus connues en dehors de la région. La production principale est implantée dans la ZAC des Portes de Provence, avec plusieurs boutiques en centre-ville.

Boutique Place du Marché : 16 Place du Marché, 26200 Montélimar : 04 75 01 02 94
Boutique Jaurès : 140 avenue Jean Jaurès, 26200 Montélimar
Horaires : Lun. à Sam. 9h à 12h30 / 14h à 19h

Les autres maisons de nougat de Montélimar

Soubeyran et Chabert & Guillot sont les deux grands noms, mais ils sont loin d'être seuls. Voici les autres confiseurs et fabricants de nougat réellement déclarés à Montélimar, que nous avons relevés un par un dans l'annuaire officiel des entreprises.

Deux confusions à éviter

D'abord, fabriquer de la confiserie à Montélimar ne veut pas dire produire du « Nougat de Montélimar IGP », qui suppose un cahier des charges et un contrôle. La liste ci-dessus est celle des maisons déclarées, pas celle des opérateurs certifiés.

Ensuite, une confusion répandue. On présente souvent « Silvain » comme un fabricant montilien, ce qui est faux, aucune maison de nougat de ce nom n'étant déclarée à Montélimar. La maison Silvain est établie dans le Vaucluse, ce qui la place hors de l'aire de l'IGP. Son nougat peut être excellent, il n'a pas droit au nom de Montélimar.

Où acheter du nougat à Montélimar ?

Les boutiques des fabricants sont les meilleures options pour acheter un vrai nougat. Parmi les autres adresses à connaître :

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez approfondir l'histoire, la production et les acteurs du nougat montilien, un site d'information dédié à ce sujet est nougat-montelimar-info.fr, qui rassemble de la documentation sur cette spécialité et son IGP.

Pour la suite du séjour, voyez le guide complet pour visiter Montélimar et les activités à faire sur place.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui fait un vrai nougat de Montélimar ?

Trois conditions, fixées par le cahier des charges. Au moins 30 % d'amandes douces entières, au moins 25 % de miel parmi les matières sucrantes, et une fabrication dans l'aire des 14 communes autorisées. Un nougat qui ne respecte pas ces trois points n'a pas le droit au nom, même s'il est vendu à Montélimar.

Depuis quand le nougat de Montélimar est-il protégé ?

Depuis le 26 novembre 2024, date de publication du règlement européen au Journal officiel de l'Union européenne. Avant cette date, le nom n'était pas protégé, et n'importe quel fabricant, où qu'il soit, pouvait l'écrire sur sa boîte.

Toutes les maisons de nougat de la région ont-elles droit à l'IGP ?

Non. L'aire de l'appellation se limite à 14 communes autour de Montélimar. Des maisons réputées, installées dans le Vaucluse ou ailleurs en Drôme, sont donc hors zone. Leur nougat peut être excellent, il ne peut pas porter le nom de Montélimar.

Où voir fabriquer le nougat à Montélimar ?

Chez Arnaud Soubeyran, en entrée sud de la ville, dont la fabrique se visite, et au Palais des Bonbons, route de Valence, où la fabrication est visible en direct depuis le parcours de visite.